[Sociologie] Comment analyser la structure sociale ?

Introduire le chapitre :


Analyse et représentation de la structure sociale


Le chapitre consiste a étudier 2 éléments principaux :

- Les inégalités.
- Les différentes représentations de la structure sociale.


Qu’est-ce qu’une inégalité ?

Une inégalité à pour origine une différence réelle. Par exemple, le fait d’être un homme ou une femme évoque une différence mais pas une inégalité. A partir du moment ou cette différence procure des avantages ou des désavantages pour l’un d’eux, on parle d’inégalité.

Selon cet exemple, il y a des cas d’inégalités possibles :

- Si une femme est moins rémunérée pour un travail équivalent.
- Si un homme est privilégié pour un emploi au détriment d’une femme.
- etc...

En clair, une différence qui devient avantageuse ou désavantageuse doit être considérée comme une inégalité.


Analyser la structure sociale

La structure sociale consiste à répartir la population en groupes sociaux dans une société et une époque données.

[ ! ] Ce terme ne renvoie pas directement à l’idée de hiérarchisation de la société. On peut retrouver cette idée chez Karl Marx avec l’expression de « classes sociales ».

L’objectif est d’étudier comment la société est hiérarchisée.


I - Les inégalités :


Dans les domaines économique et social

A/ Les inégalités économiques :


Les inégalités économiques renvoient à l’inégale distribution des ressources économiques, c’est à dire du revenu et du patrimoine principalement.

a) Les inégalités de revenu :

Le revenu est perçu par les ménages : il s’agit d’un flux de ressources, essentiellement monétaire.

Décomposition du revenu en 2 éléments clef


Que pense la société française au sujet des inégalités de revenus ?

Dans son ouvrage La société des égaux, le sociologue français Pierre Rosanvallor s’appuie sur des enquêtes réalisées en 2009.
Voici les résultats obtenus, analysons les rapidement :



Ce document met en évidence un certain contresens dans la société française.

Précisons que 85% des interrogés considèrent que ces inégalités sont acceptables si elles rémunèrent des mérites individuels différents.


Où se situe la France en terme d’inégalité ?

Comprendre le rapport inter-décile :

Le rapport inter-décile consiste à confronter le revenu moyen des 10% les plus riches avec le revenu moyen des 10% les plus pauvres.

Exemple : Un rapport inter-décile de 5 signifie que le revenu moyen des 10% les plus riches est 5 fois plus important que le revenu moyen des 10% les plus pauvres.

En France, le rapport inter-décile était de 3,99 en 2007 selon l’Insee ce qui est relativement faible. En 1970, il était de 4,6.


Comment expliquer le fait que les inégalités paraissent augmenter ?

Camille Landais, économiste, a réalisé une étude ciblée sur les hauts revenus entre 1998 et 2006 :

- le salaire moyen des plus riches a augmenté de 4%, alors que le salaires des plus pauvres a augmenté de 14%.

- le salaire moyen des très riches (0,1% de la population) a plus que doublé.

On voit que l’impression d’inégalité qui règne est surtout due à l’augmentation du revenu des très riches.


Mesurer le niveau d’inégalités avec le coefficient de Gini :

On utilise le coefficient de Gini pour mesurer les inégalités. Plus il est important, plus il y a d’inégalités.

Plus le coefficient est proche de 1, plus les écarts de revenu sont importants, et plus il est proche de 0 moins ils le sont.


Source : données reprises par Wikipédia

b) Les inégalités de patrimoine :

Patrimoine = ensemble des biens possédés par les ménages, pouvant être de 3 types :
- Immobilier (littéralement qui ne bouge pas, être propriétaire d’un appartement/maison)
- Mobilier (divers titres : actions, obligations
- Épargne



Lecture :

Le patrimoine médian est de 113 900 euros = les 50% les plus pauvres ont moins et que les 50% les plus riches ont plus.
Le plafond du D1 est de 3000 euros = 10% les plus pauvres ont moins de 3000 euros de patrimoine.
Le plancher du D9 est de 534 000 euros = les 10% les plus riches possèdent plus de 534 000 euros de patrimoine.


On dit que la patrimoine se concentre, car les plus riches en ont la majeure partie.

Entre 2004 et 2010, le patrimoine des 10% les plus riches augmentait de 400 000 euros contre 100 euros seulement pour celui des 10% les plus pauvres.


Comment expliquer cette concentration du patrimoine ?

- Augmentation régulière du prix des actifs immobiliers.
- L’héritage est très peu taxé.


Mesurer les inégalités de revenu et de patrimoine avec les courbes de Lorenz :



Lecture :

La courbe bleue = courbe d’équirépartition : situation théorique et idéale où x% de la population possède x% du patrimoine ou du revenu.

Niveau de vie = Revenu disponible

Formulations type :

En 2010, les 50% les plus pauvres disposent de 30% du revenu disponible tandis que le restant de la population en dispose de 70%.
En 2010, les 50% les plus riches possèdent 92% du patrimoine alors que les 50% les moins riches en disposent de seulement 8%.

Constat : la concentration du patrimoine est beaucoup plus importante que celle du revenu.


B/ Les inégalités sociales :


Inégalités sociales = répartition inégale des chances et des risques dans la vie de l’individu par rapport à son statut social.

Exemple : avoir moins d’opportunités de travail à cause de son origine sociale (jeune de banlieue)


1 – Les inégalités face à la culture :


Fréquentation des espaces culturels

Selon l’origine sociale, il est plus ou moins difficile d’accéder aux services culturels.

En 2008, 71% des agriculteurs ne fréquentaient pas d’espaces culturels contre seulement 14% pour les cadres supérieurs.

Cette différence s’explique en partie par la différence de revenu, mais aussi par l’intérêt porté à se cultiver, la distance


Départs en vacances :

Le milieu social impacte aussi le départ en vacances, cf. tableau ci-dessous.



Lecture :

80% des cadres sont partis en vacances, alors que seulement 50% des ouvriers sont partis. Les cadres partent donc plus que les ouvriers.


2 – Les inégalités scolaires :


Rapport de PISA

L’enquête PISA menée par l’OCDE met en évidence les inégalités scolaires au sein de chaque pays.

Plusieurs groupes de pays se distinguent :

Ceux où les inégalités scolaires sont faibles = Pays-Bas, Finlande, Islande (Europe du Nord), Italie, Espagne (Europe du Sud).

Ceux où les inégalités scolaires sont importantes = France, États-Unis, Royaume-Uni.

Ceux où les inégalités scolaires sont très importantes = Slovaquie, Roumanie, Hongrie (Europe centrale).

L’attitude paradoxale des familles vis à vis des inégalités scolaires

Dans Ghetto français (2004) le sociologue Eric MOURIN évoque un paradoxe :

La grande majorité des parents critiquent les inégalités scolaires mais beaucoup d’entre eux contournent le système (demande de dérogation, cours particuliers, soutien scolaire) ce qui fait qu’eux aussi contribuent à ces inégalités.


3 – Les inégalités face à la santé :

La santé fait aussi l’objet des inégalités. On peut prendre comme exemple l’obésité.


Le problème de l’obésité vis à vis de la santé

- L’obésité réduit l’espérance de vie et augmente le risque d’accident cardiovasculaire.


L’obésité et l’inégalité des chances face à l’emploi

- L’obésité est un facteur qui influence négativement les demandes d’emplois, surtout dans les domaines où une communication physique avec le client est requise.

- L’observatoire des inégalités a montré en 2010 qu’un individu obèse recevait environ 3 fois moins de réponses positives.


Les inégalités face à l’obésité selon l’origine sociale

Plusieurs critères :

- Niveau de diplôme : on compte environ 3 fois plus d’obèses chez les non diplômés.

- Compréhension des messages de santé publique : ces messages sont généralement mieux perçus chez les personnes diplômées que dans les milieux populaires => cela apparaît plutôt comme une contrainte.

- Le revenu : l’obésité est plus répandue dans les milieux modestes (environ 2 fois plus) que dans les milieux aisés. Cela peut être dû au fait qu’acheter des produits frais apparaît souvent plus cher qu’acheter des produits industriel (quoique contestable).


B/ Cumulation des inégalités :


1 – L’auto-entretien des inégalités

Nous allons montrer comment les inégalités s’entretiennent en se transmettant.


Propension à épargner : capacité d'un ménage à épargner.

Explication : on voit que le revenu conditionne l'acquisition de patrimoine et que celui-ci se transmet en partie par l'héritage. Il y a donc transmission des inégalités de patrimoine, elles-même conditionnées par les inégalités de revenu.


2 – Lien entre inégalités économiques et sociales

En guise d’exemple, on va prendre la relation entre revenu et espérance de vie.


Le niveau de diplôme joue t-il un rôle ?

Les hommes de < 35 ans les plus aisés et non diplômés ont une espérance de vie de 4 ans supplémentaire en moyenne comparé aux hommes de < 35 ans diplômés mais plus modestes.

Donc niveau de diplôme = peu influent.


Le revenu joue un rôle certain pour l’espérance de vie



= Revenu conditionne bcp l’espérance de vie

Note : cette tendance s’observe aussi chez la population féminine mais moins.


II - Les différentes représentations de la structure sociale :



A/ Structure de la société en classes :


1 – Les classes sociales selon Karl Marx, penseur et philosophe allemand du XIXème

Marx considère que l’Histoire est composée de différents modes de production et que dans chaque cas les inégalités présentes entraînent un mécontentement puis un renversement du système.

Le mode de production contemporain de Marx est celui qu’il détaille : système capitaliste.

Dans ce système, on distinguerait des classes sociales pouvant être de 2 formes :



La plus-value ou confiscation :

Le travail manufacturier jugé aliénant (peu enrichissant, fatiguant, répétitif) = exploitation (Marx).
Le prolétariat n’est pas payé pour tout le travail qu’il fournit, la bourgeoisie en prélève une certaine part = confiscation = plus-value.

Lorsque cette confiscation va trop augmenter, le prolétariat va se mobiliser pour renverser ce système injuste (tjrs selon Marx).

Le prolétariat ne veut pas céder et la bourgeoisie veut conserver ses intérêts, donc les forces de productions (motivées par les progrès technique) évoluent sans cesse alors que les rapports de production se figent.

Marx imaginait une issue finale où il n’y aurait tout simplement plus de classe sociale.


2 – La stratification en classes aujourd’hui


Nous allons faire un parallèle avec les travaux du sociologue Pierre Bourdieu.

Comme Marx, Bourdieu montre que le capital économique joue un rôle majeur dans les rapports de domination.

Mais il évoque aussi deux autres formes de capital : social (= réseau relationnel disposé par un individu) et culturel (= ensemble de connaissances validées par un diplôme).


Selon Bourdieu, la lutte des classes est devenu très symbolique et n’occupe plus une place centrale, même si on peut l’observer.


B/ Hiérarchie des groupes sociaux :


1 – Une société tridimensionnelle : l’analyse de Max Weber

Weber = philosophe allemand (1864 – 1920)

Weber rejette l’idée de conflit de classes et établit une hiérarchie tridimensionnelle de la société (trois groupes sociaux) :




2 – L’analyse d’Henry Mandras vient compléter celle de Weber

Henry Mandras, sociologue FR, préfère parler de constellations pour représenter la société FR.
Il établit lui aussi différents groupes, et crée une représentation visuelle de l’univers social : c’est la toupie de Mandras.


Toupie de Mandras (source : Wikipédia)

On note la prédominance de la constellation centrale et populaire qui regroupent le plus d’individus. Ce que l’on nomme classes moyennes sont donc majoritaires.

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