Quelle est la place de l'Union Européenne (UE) dans l'économie globale ?

Introduction :

Les éléments présentés en introduction sont utiles et vivement conseillés pour construire l’introduction d’une dissertation.

Accroche : citation de Jean Monnet, économiste :
« L’unité des peuples européens réunis dans les États unis d’Europe est le moyen de relever leur niveau de vie et de maintenir la paix » - 9 Novembre 1954

Le pourquoi de la construction européenne :
- Logique et intérêt politique : on veut éviter les guerres et les conflits et posant les bases d’une solidarité économique.
- Logique monétaire : création d’une monnaie commune pour faciliter les échanges

Le plan :

I – Les particularités propres à l’Union Européenne en terme d’intégration économique
II – Le rôle majeur d’une monnaie commune telle que l’euro dans une économie globale
III – Les limites de la cohésion économique européenne


I – Les particularités propres à l’Union Européenne en terme d’intégration économique :



A/ Un marché européen progressivement étendu :

Depuis 1951 avec le Traité de Paris, l’union européenne n’a cessé de se développer et d’accueillir toujours plus de membres : il y en avait 6 en 1951, aujourd’hui 28 (ou 27 si l’on considère le Brexit).
Cette extension progressive a permis à l’UE de se constituer un grand marché ce qui a plusieurs avantages :
• Marché étendu, plus de débouchés pour les entreprises => peuvent produire en masse et donc faire baisser leurs coûts unitaires = économies d’échelle.
Stimule énormément l’innovation et le progrès technique : la concurrence est plus importante, chaque État veut rester à la pointe de la modernité.
• Prix plus bas pour le consommateur, augmentation de son pouvoir d’achat.
• Plus d’activité => favorise l’emploi et la hausse des salaires.

Noter aussi l’importance de l’Union Économique et Monétaire Européenne (UEM européenne) = espace de coopération économique et monétaire renforcé entre les pays européens => adoption d’une monnaie commune pour faciliter les échanges.

B/ L’adoption de l’euro : avantages


Avant que l’euro ne soit adopté en 2002 comme monnaie de référence dans la zone euro, on devait sans cesse, dans chaque État, procéder à une procédure de change.
Cela posait problème car :
• Il fallait toujours payer des frais de change
• Le taux de change n’était quasiment jamais le même car le cours des monnaies variait beaucoup => d’un point de vue commercial, cela rendait difficile les calculs : on devait tout recalculer à chaque fois !
Pour résoudre ces problèmes et constituer une union économique et monétaire est né l’euro en 1999, officiellement affirmé en Février 2002 (date à laquelle on ne pouvait plus payer en franc).

Ainsi, la mise en place de l’euro comme monnaie commune pour actuellement 19 pays de l’Union Européenne présente un double-avantage pour favoriser les échanges intra-zones (= à l’intérieur de la zone euro):



II – Le rôle majeur d’une monnaie commune telle que l’euro dans une économie globale :



Dans la partie précédente, on s’est intéressé à l’intérêt de l’euro pour la zone euro elle-même. Maintenant, il s’agit d’observer la même chose mais cette fois pour le commerce extra-zone, c’est-à-dire à l’extérieur de la zone (dans une économie globale).

A/ La place de l’euro dans le monde :


L’euro favorise le commerce extra-zone pour 2 raisons principales :



Comme la majorité des monnaies, le rôle remplit 3 fonctions :
- Il est une unité de compte : il permet de considérer la valeur d’un bien ou d’un service en la chiffrant dans une unité monétaire.
- Il est un instrument d’échange : il permet de régler des transactions. En 2015, 40% des transactions sur le marché des changes se faisaient en euro.
- Il constitue une réserve de valeur : la monnaie peut être conservée pour être réutilisée ultérieurement => du fait de la stabilité de l’euro, celui-ci est très sollicité en tant que réserve de valeur et attire les investisseurs : 1/4 des réserves de change des Banques Centrales sont en euro, contre 30% chez les pays développés.

B/ Une certaine interdépendance entre les pays de la zone euro :


1/ L’interdépendance et ses conséquences :

Interdépendance économique = économies liées les unes aux autres : un événement ayant lieu dans un pays aura des répercussions sur ses voisins.
Elle est relativement importante en Europe, surtout pour les pays de l’UEM.

Quand les économies se rapprochent, il devient très intéressant de coordonner des politiques de relance (qui visent à augmenter le pouvoir d’achat) car tous les pays liés vont en bénéficier (plus d’exportations en général, pour tous les pays interdépendants).
La politique de rigueur (qui vise surtout à limiter l’inflation) est bcp moins intéressante car elle va freiner les exportations de manière générale.
La coordination budgétaire (spécialement en UEM) est relativement faible : seulement quelques éléments comme la TVA sont fixés conjointement.

Attention ! Les pays de l’UEM sont peut-être interdépendants, mais pour autant c’est plutôt la politique de rigueur qui prime aujourd’hui. Coordonner des politiques de relance est théoriquement le plus intéressant lorsqu’il y a interdépendance.

2/ Le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) :

Aujourd’hui, les 19 pays faisant partie de la zone euro doivent respecter les termes du Pacte de Stabilité et de Croissance (PCS). Depuis 1990, ceux-ci doivent respecter un ensemble de règles (voir ci-dessous) qui limitent leur liberté budgétaire et surtout monétaire :
- Politique monétaire (= modulation du taux d’intérêt) prise complètement en charge pas la Banque Centrale Européenne (BCE) à Francfort.
- Politique budgétaire théoriquement peu limité sauf que comme les Etats n’ont plus la main sur la politique monétaire, il est difficile d’envisager une politique de relance => si les taux d’intérêts sont haussés par la BCE, relance sera inefficace.
La Policy-mix ou « coordination des politiques » est donc peu réalisable en vue d'une relance => force à la rigueur.

Pour plus d’infos sur le PSC, cf. chapitre 1, II-B/1)



3/ Juguler l’inflation : la justification du Pacte de Stabilité et de Croissance

La lutte contre l’inflation (= hausse générale du niveau des prix) est la priorité majeure de l’UEM. Ainsi, en évitant les politiques de relance avec le PSC, l’UEM évite aussi l’inflation qu’elles amènent souvent.
L’inflation est en effet redoutée pour plusieurs raisons :



III – La coordination économique au sein de l’Union Européenne est limitée :



Note : on parle bien ici de l’Union Européenne et plus de l’UEM donc on intègre ici les 27 ou 28 pays de l’UE.

A/ Une coordination difficile :


1/ Un budget communautaire trop limité :

Le principal problème concerne le budget communautaire de l’UE, jugé insuffisant :
- Il ne peut pas dépasser 1,23% du PIB de l’UE (il est de 1,1% ajd) => C’est très faible, on sait par ex pour comparer que les E.U ont un budget fédéral = 25% de leur PIB
- Le budget est destiné principalement à deux choses : compétitivité et cohésion (environ 45% du budget) et conservation et gestion des ressources naturelles avec la Politique Agricole Commune (PAC) surtout => 38%.
Deux postes de dépenses représentent déjà environ 83% => difficile d’avoir un budget suffisant pour coordination éco.

En + tout déficit budgétaire est impossible pour l’UE (règle) donc cela réduit la marge de manœuvre de l’UE qui ne peut pas se tourner vers des politiques de relance (qui elles, provoquent un déficit budgétaire).
Le dessin ci-dessous résume tous ces points plus en détails :


Source : Dessine-moi l’économie, Le budget européen

2/ Une hétérogénéité entre les pays membres qui rend la coordination difficile :



Cette disparité fait que les pays n’ont ni les mêmes objectifs ni les mêmes moyens => coordination donc très difficile.

B/ L’adoption de politiques non coopératives :


1/ Le dumping social :

Dumping social = conservation d’une faible protection sociale pour attirer les IDE, c’est-à-dire inciter les filiales de FTN à venir s’implanter sur le territoire.
Charges sociales faibles => coût du travail bas => coût de production bas => meilleure compétitivité-prix

Certains pays (surtout ceux en voie de dvlpmt) allouent très peu de leur budget aux dépenses publiques volontairement pour attirer l’investissement direct à l’étranger.
Même chose pour les dépenses de santé.

L’UE, en matière de protection sociale, n’impose de pas de normes rigoureuses.


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