Quels liens sociaux dans les sociétés où s'affirment le primat de l'individu ?

Introduction :



Emile Durkheim, sociologue français, se questionne sur la montée de l’individualisme au sein de la société. Il met en évidence un certain paradoxe : si l’individualisme augmente, la société est cependant plus solidaire.

L’objectif est de se demander comment les sociétés s’organisent alors que la conscience est de plus en plus individuelle (= primat de l’individu).

Extrait de De la division du travail social (1893)

I – L’individualisme est-il un frein au lien social ?



A/ Lien social, cohésion sociale et solidarités mécaniques/organiques


a) Lien social et cohésion sociale :

Le lien social peut être de 3 formes selon la sociologue Dominique Meda :

D’après Meda ce sont les 2 derniers qui dominent dans notre société actuelle.

Ce lien social induit une certaine cohésion sociale :


b) Solidarités mécanique et organique :

Emile Durkheim différencie 2 formes de solidarités :


Notes :

- la solidarité mécanique s’exerce à l’échelle de communautés, ou de groupes plutôt restreints. Le passage de la solidarité mécanique à organique s’explique d’après Durkheim par l’augmentation de la densité physique et morale (plus d’individus en nombre, et plus de valeurs normes et pratiques qui divergent).

- la solidarité mécanique continue à exister au sein de sociétés dirigées par la solidarité organique, par exemple à l’échelle des associations, des partis politiques, etc…

Dans ces sociétés, l’individualisme (= tendance à s’affirmer indépendamment des autres, à ne plus faire corps avec un groupe) est appréhendé comme un danger.

B/ La cohésion sociale mise à mal par la montée de l’individualisme :


Deux grandes théories à connaître :





C/ Un individualisme qui peut paradoxalement générer de la cohésion sociale :


Malgré la montée en puissance d’une conscience de plus en plus individuelle, celle-ci peut amener une certaine cohésion sociale :

- les liens sont de plus en plus électifs, c’est-à-dire qu’on peut choisir avec qui échanger par le biais des réseaux sociaux et d’Internet en général. Cela permet de renforcer des liens forts, mais aussi de créer une multiplicité de liens faibles qui participent à étendre le réseau social des individus.

- Le taux d’adhésion aux associations, notamment caritatives, progresse de manière conséquente : 48% des FR adhérent à une association, dont 1/3 adhérent à plusieurs associations. Les associations peuvent participer à créer un lien plus ou moins important avec les autres, que ce soient dans le cadre d’associations sportives mais surtout d’associations caritatives où le contact avec autrui est largement renforcé.

- De plus en plus de réseaux d’entraide basés sur l’échange non-marchand ont été créés

II – La cohésion sociale est-elle menacée ?



A/ Le rôle de la famille :


a) Rôle :


b) Remise en question :

- Désinstitutionnalisation de la famille, il y a de moins en moins d’union par mariage. Les nombres de divorces et de célibataires augmentent, c’est pourquoi la famille paraît plus fragile et les liens moins fortss.

- Il y a globalement moins de naissances, donc le nombre de liens familiaux est mécaniquement réduit.

c) Nuance :

- La famille reste un réseau de solidarité et d’entraide majeur, auquel l’individu peut toujours se référer en cas de dernier recours.

- Avec les familles recomposées, le nombre de liens augmente et l’individu peut davantage les choisir en fréquentant le « côté de la famille » avec lequel il s’entend le mieux.

B/ Le rôle de l’école


a) Rôle :


b) Remise en question :

- Inégalités fortes selon le milieu social d’origine.

- L’école à tendance à reproduire les inégalités et apparaît trop sélective, cf. analyse du sociologue Pierre Bourdieu.

c) Nuance :

- Le niveau de diplôme est plus haut et de plus en plus d’individus sortent du système scolaire avec un diplôme.

- Ecole = instance d’intégration et de socialisation majeure qui remplit un rôle important

- L’école se remet en question et cherche à trouver des solutions à ses problèmes (exemples : aménagement des conditions d’éducation dans les zones d’éducation prioritaire – ZEP)

C/ Le rôle du travail :


a) Rôle :


b) Remise en question :

- Chômage en hausse, rôle d’intégration sociale remis en cause : isolement progressif des chômeurs.

- Emplois précaires : 80% des CDD durent moins d’un mois. L’individu a du mal à se construire son identité professionnelle.

c) Nuance :

- 85% des salariés sont en CDI, donc pas vraiment d’idée de précarité globalement.

- Lieu de travail reste un endroit où se créent des liens sociaux, motivés par la coopération pour arriver à des objectifs partagés.

- Permet de tisser des liens faibles mais aussi des liens forts dans certains cas : entretient la sociabilité des individus.








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