La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou moteur de changement social ?

Qu’est-ce qu’un conflit social ?




I – Analyser les conflits sociaux :



A/ Le conflit permet de militer pour ou contre le changement social



a) Le conflit comme vecteur de changement social :

Souvent mais pas toujours, le conflit social milite pour un changement social.
Par exemple, l’association Brigitte Bardot milite pour un changement des valeurs de la société en ce qui concerne le rapport aux animaux, particulièrement pour ce qui touche à la consommation de produits carnés et animaux en général. Cela se manifeste par des manifestations (Animal’s Pride), des pétitions en ligne… Tout un répertoire d’actions, souvent collectives menées dans le sens d’un changement social. D’une part on a la fondation Brigitte Bardot, de l’autre le gouvernement et tous les lobbies associés (pétitions adressés à Macron notamment).


Manifestation unitaire à Rieumes du 28 Juin 2015, contre la Corrida

Selon Karl Marx, le changement social doit être initié par des actions révolutionnaires fortes, et ne pourrait pas se faire progressivement.

b) Le conflit comme moyen d’empêcher le changement social :

Certains conflits militent contre un changement social. C’est le cas par exemple des manifestations contre le mariage homosexuel qui visaient à lutter contre la loi en faveur du mariage pour tous. L’objectif est de contester le changement à venir pour tenter de faire en sorte qu’il n’ait pas lieu.


Manifestation contre le mariage gay à Paris le 17 Novembre 2012

B/ Conflits sociaux et solidarité :


a) Le conflit social, révélateur d’anomie :


- Durkheim voit donc le conflit social comme une preuve, une manifestation de l’anomie.
Par exemple, on peut prendre le cas des conflits sociaux concernant le racisme « noir/blanc » durant la ségrégation (Etats-Unis) et l’apartheid (Afrique du Sud) où les populations noires se sentaient à raison ouvertement rejetées => d’où les nombreux conflits sociaux, preuve d’anomie ici.

b) Le conflit social permettrait de renforcer la cohésion sociale :

Deux théories sociologiques à connaître, qui appuient l’idée d’un conflit social intégrateur socialement et comme preuve que la société est saine.


c) Il faut réguler les conflits sociaux, selon Ralf Dahrendorf :

Selon Dahrendorf (économiste germano-britannique) il faut que les partis d’un conflit se reconnaissent mutuellement afin qu’un dialogue puisse s’ouvrir, et que ceux-ci soient clairement organisés. Il doit aussi y avoir une certaine réglementation pour savoir quels sont les moyens qui peuvent être utilisés : c’est la régulation des conflits sociaux.


Exemples :

Normes : droit de grève (1864), droit d’adhérer à un syndicat (1884), liberté d’expression, de manifestation, de réunion…

Organisations : sections syndicales et tout ce qui tourne autour du syndicalisme (vis-à-vis des employés comme des employeurs).

Procédures : grève

II – Les différents types de conflits dans l’histoire :



Les conflits sociaux peuvent être de 2 types, selon Alain Touraine (sociologue français) :

- conflits sociétaux, enjeux non-professionnels (nouveaux mouvements sociaux)
- conflits professionnels ([anciens] mouvements sociaux)

A/ Le cas des conflits sociétaux ou nouveaux mouvements sociaux (NMS) :



a) Des revendications très variées :

Les conflits sociétaux ou nouveaux mouvements sociaux ont 4 caractéristiques principales :


Ces NMS peuvent agir sur plein de domaines différents (mouvements écologistes, féministes, de reconnaissance des minorités sexuelles, etc…). Ils cherchent dans tous les cas à satisfaire des besoins « supérieurs » : il peut s’agir de la reconnaissance de minorités, d’un droit, etc… Ce sont des revendications plus « spirituelles » et immatérielles.


b) Les NMS reposent sur des moyens d’action originaux et donc médiatisés :

Les formes d’action traditionnelles que l’on emploie depuis de nombreuses années comme la grève, la manifestation, la pétition sont toujours utilisées mais les NMS cherchent à faire appel au sensationnel pour marquer les esprits.

On peut penser, par exemple :

- Au préservatif posé sur l’obélisque de la Concorde par Act’Up en 1993 (lutte contre le VIH)
- Aux actions sensationnelles pendant les manifestations des Gilets Jaunes (même si ce mouvement n’est pas vraiment un NMS)
- Opérations commando pour loger des SDF dans des logements vides en quelques heures

Original, inattendu, imprévisible : la recette du succès médiatique.

c) Les associations comme acteurs majeurs des NMS :

On parle de groupes d’intérêt lorsque des structures s’organisent pour défendre les intérêts de certains NMS, comme le font par exemple Act’Up ou Greenpeace.

Ils peuvent aussi bien faire appel à des personnes directement touchés par leurs intérêts (être séropositif pour Act’Up par ex) qu’à des « personnes-ressources » qui apportent leur expertise (juristes, avocats, économistes, sociologues, etc…).
Les associations permettent d’apporter une contre-expertise pour défendre ses intérêts et faire poids sur l’Etat.

B/ Les conflits professionnels ont changé :


a) Une conflictualité répondant à des enjeux divers :

Aujourd’hui, les conflits professionnels ont des motifs variés. Le plus souvent, les conflits sont en rapport avec la rémunération et l’emploi (surtout dans l’industrie ou la tertiarisation et les délocalisations menacent de nombreux emplois.)
Il y a d’autres sources de conflits pro comme les conditions de travail, les discriminations au sein de l’entreprise etcMais ceux-ci sont minoritaires.

b) Les syndicats de salariés pour défendre les intérêts des travailleurs :



Les syndicats existent légalement depuis 1884. Ils affirment leur rôle revendicateur en prenant conscience de problèmes et en communiquant avec le patronat. Si aucun changement ne s’opère, alors le syndicat affirme son rôle mobilisateur en appelant à la grève, manifestation, pétition… Depuis le 20ème siècle, les syndicats ont une action bcp plus large :

- ils sont présents lors de [b]conventions collectives[/b] durant lesquelles on fixe les salaires des branches d’activité
- siègent au conseil des prud’hommes, pour juger les litiges employeurs-salariés (licenciement abusif, harcèlement moral ou physique…)
- gestion paritaire, c’est-à-dire qu’ils sont présents dans les organes de sécurité sociale (caisses d’assurance maladie, d’allocations familiales etc…)

C) L’évolution des formes de conflit professionnel :

La grève a été au cours de l’histoire la forme de conflit la plus utilisée. On multiplie le nombre d’heures non travaillées par le nombre de salariés pour obtenir le nombre de JINT, c.a.d le nombre en jours de Journée Individuelles non Travaillées.
Si on part du principe que JINT = conflit professionnel alors on se rend compte qu’il y en a bcp moins ajd. (Environ 4 millions / an pdt les années 70 contre <500k /an pdt les années 90)
Mais en réalité c’est surtout que les formes de conflits ont évoluées : il y en a de nouvelles.



Conclusion



En guise de conclusion, on peut rappeler que la conflictualité sociale est une caractéristique essentielle de toute démocratie car c'est grâce à elle que la pluralité des opinions s'exprime. Dans un gouvernement où le peuple est souverain, c'est lui qui par la conflictualité amène le changement ou l'immobilisme social.

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