Le BONHEUR en 3 Citations [VIDEO DISPONIBLE]


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Bien souvent, la question du bonheur est très complexe car les individus n’en ont la plupart du temps pas la même conception. Si généralement on associe le bonheur a un état émotionnel agréable, équilibré et durable, il s’avère cependant que de multiples points de vue souvent se confrontent, et ce depuis des siècles.

Ce cours article vous propose de partir à la découverte de 3 citations, c’est-à-dire de 3 points de vue différents au sujet du bonheur.
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Le souverain-bien d’Aristote :



Dans son célèbre ouvrage l’Ethique à Nicomaque, Aristote a semblé donné une définition du bonheur, que lui nomme le souverain-bien :


Selon Aristote, le souverain bien à la particularité d’être une fin en soi, c’est à dire que le fait d’y accéder n’est pas vu comme un moyen pour accéder à autre chose. C’est une certaine conception du bonheur d’après laquelle le bonheur est la seule chose que l’on souhaite pour elle-même. Durant notre vie, nos activités seraient des moyens dirigés vers une unique fin qu’est le souverain-bien. Le bonheur est appréhendé comme l’aboutissement d’un processus qui peut durer toute une vie, caractérisant une forme de satisfaction. Il s’agit là d’une conception eudémoniste (= qui place le bonheur comme but de la vie humaine).

Dans une dissertation, il est assez facile de faire référence à la thèse d’Aristote mais celle-ci a le défaut d’être relativement abstraite : d’ailleurs celui-ci emploie le conditionnel pour souligner le fait qu’on n’est même pas sûr que le souverain bien existe.

Epicure et l'épicurisme :





Epicure est un philosophe très connu et a notamment donné son nom au courant philosophique qu’est l’épicurisme. Contrairement aux idées reçues, l’épicurisme n’est pas une doctrine de « bon vivant » ou de fêtard. Ce que cherchent les épicuriens, c’est avant tout l’ataraxie c’est-à-dire l’absence de troubles. Malgré tout, l’épicurisme est bien un hédonisme c’est-à-dire une conception selon laquelle le bonheur passe par la recherche des plaisirs. Mais de nouveau, Epicure n’entend pas par-là qu’il faut rechercher tous les plaisirs sans distinction ni sélection. Il en différencie en fait 3 types :

- Les plaisirs naturels et nécessaires (boire, manger, dormir simplement) qui sont les plus importants (ce sont eux que décrit Epicure au début de la citation) car ce sont eux qui nous garantissent « des jours heureux ». Il faut chercher à tout prix ces plaisirs.

- Les plaisirs naturels et NON nécessaires (boire et manger de manière plus sophistiquée, sexe…) qui ne sont pas mauvais en soi mais avec une certaine modération : il faut faire attention à qu’ils n’aient pas un impact néfaste sur le moyen-long terme.

- Les plaisirs NON naturels et NON nécessaires (recherche de reconnaissance, avidité, cupidité) qui doivent être strictement proscrits et écartés => DANGER selon Epicure.

L’épicurisme, c’est donc cultiver les plaisirs simples pour se garantir des « jours heureux » et non pas rechercher sans distinction tous les plaisirs.

Le bonheur : une quête égoïste et secondaire selon Emmanuel Kant :



Contrairement à Aristote, Kant ne s’inscrit pas dans cette logique eudémoniste (ni hédoniste) et ne fait pas du bonheur le but ultime de toute vie humaine.


Il considère le bonheur comme la satisfaction complète des besoins ET des désirs. Contrairement à Aristote, Kant ne pense pas que le bonheur est le résultat d’une certaine sagesse ou d’une disposition particulière d’esprit. D’ailleurs, Kant indique souvent que le bonheur est un concept abstrait, tant abstrait que personne ne sait ce qui ferait réellement son bonheur sur le long terme. D’après l’empirisme (expérience) le sujet peut arriver à approcher SA propre définition de SON bonheur mais l’expérience future peut venir mettre à mal cette première approche. Kant appuie cette idée de bonheur conditionnée par l’empirisme en donnant quelques exemples dans Fondements de la métaphysique des mœurs. Par exemple, quelqu’un de jeune et en bonne santé peut sans doute désirer vivre très longtemps, et considérer que c’est cela qui fera son bonheur. Or, dans ce cas-ci de nombreux éléments peuvent pousser la personne à changer sa conception du bonheur : dépression, maladie… Aussi peut-on s’intéresser énormément à la science et s’instruire à propos – ce qui contribuerait à notre bonheur – et se trouver alors malheureux de se rendre compte que la course à l’instruction est un tunnel sans fin.

Kant a aussi la particularité de mettre en avant le devoir moral (impératif catégorique kantien) alors que Aristote et les autres eudémonistes qui envisagent le bonheur comme but ultime le confondent avec la vertu.



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