Le vocabulaire théâtral

Présentation :

Depuis l'Antiquité grecque, le théâtre occupe une place centrale de la culture : il vise non seulement à divertir, mais aussi à éduquer les citoyens, que ne savent la plupart du temps ni lire ni écrire. En cela, le théâtre se démarque de nos 3 autres objets d'étude que sont l'argumentation, le roman ainsi que la poésie. En effet, celui-ci a pour spécificité d'être représenté scéniquement. Le théâtre est en effet, à l'origine, fait pour être joué et non lu (bien que l'on puisse nuancer en rappelant que certaines pièces, notamment durant le XIXème siècles, on été crées dans le seul but d'être lues car elles sont difficilement représentables : Lorenzaccio d'Alfred de Musset ou Cromwell de Victor Hugo.)
Cette fiche d'aide est ainsi destinée à regrouper l'ensemble du vocabulaire théâtral, afin de pouvoir analyser, à partir de la pièce écrite, des extraits donnés.

Étymologie :

Le mot "théâtre" provient du grec ancien "théatron" qui se réfère aux gradins. Les gradins représentant le lieu où se positionnent les spectateurs, ce mot fait bien référence à la dimension scénique du théâtre.

A/ Le théâtre, un genre essentiellement dialogué :


Le théâtre, étant donné qu'il est fait pour être joué, est un genre pratiquement entièrement dialogué. De plus, les prises de paroles des différents personnages peuvent être de différents types :

La réplique : il s'agit de la prise de parole la plus commune au théâtre.

Le monologue : c'est lorsque qu'un personnage prend la parole seul sur scène : c'est notamment à travers le monologue que le public peut être renseigné sur la pensée intérieure du personnage.

La tirade : désigne une longue réplique, d'environ 15 vers ou plus.

L’aparté : réplique prononcée uniquement pour le public. Il ne faut pas confondre avec le monologue : l'aparté peut être utilisé en présence d'autres personnages. L'aparté se manifeste, à l'écrit, par la présence de la didascalie "à part".

Les stichomythies : enchaînement de répliques courtes, traduisant souvent une émotion puissante ou un débat animé.

Au théâtre, les éléments narratifs tels que les indications scéniques (repère dans l'espace), le ton et les actions des personnages sont justement données par les didascalies, systématiquement écrites en italique.

B/ Le découpage des pièces de théâtre :


Une pièce de théâtre est divisée en actes et en scènes :

- Les actes correspondent aux moments clés de la pièce. Toujours au nombre de 5 dans la tragédie, on considère que les péripéties culminent (= sont les plus importantes) autour de l'acte III. C'est ce que l'on appelle le nœud ou la crise. Le dernier acte, le cinquième pour la tragédie, constitue le dénouement. On notera que pour les autres genres théâtraux, il n'y a pas réellement de réglementation quant au nombre d'actes.

- Les scènes divisent les actes en plusieurs parties : elles marquent souvent un changement de personnages, voire de lieu dans certains cas.

C/ La double énonciation et le quatrième mur :


Ce sont deux caractéristiques du théâtre qu'il faut connaître :

- La double énonciation est le principe selon lequel la parole des personnages à souvent deux récepteurs : les personnages sur scène ainsi que le public. De plus, ce procédé permet au public de toujours en savoir plus que les personnages eux-mêmes.

- Le quatrième mur est un concept d'après lequel les acteurs doivent s'imaginer, à l'endroit où se trouve le public, une "quatrième mur". En d'autres termes, il s'agit pour les acteurs de faire abstraction (= oublier momentanément) du public afin de préserver l'illusion du théâtre.
Ce principe est théorisé dans un ouvrage de Diderot : Discours sur la poésie dramatique (1758) (Remarque : par "poésie dramatique" on entend théâtre)

D/ Comment lire une pièce de théâtre pour réussir son exposé oral :


Une pièce de théâtre peut être écrite en vers (c'est notamment le propre de la tragédie) ou en prose. Dans le premier cas, elle est écrite en alexandrins, soit des vers comportant 12 syllabes. Dès lors, on peut décomposer chaque alexandrin en deux hémistiches de 6 syllabes, séparés par la césure.
Voici une liste des règles à respecter afin de ne jamais se tromper dans la lecture des alexandrins :

- Règle du 'e' muet : il faut le prononcer si celui-ci est suivi d'une consonne. Il faut noter que cela fonctionne aussi dans le cas où la consomme fait partie du même mot.
Exemple : "Tremblante pour un fils que je n'osais trahir" donne "Trem/blan/te (3) pour (1) un (1) fils (1) que (1) je (1) n'o/sais (2) tra/hir (2)" = 12 (Jean Racine, Phèdre, Acte II Scène 5)

- Un 'e' muet suivi d'une voyelle ou positionné en fin de vers ne se prononce pas.
Exemple : "Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes donne "je (1) m'a/bhorre (2) en/cor (2) plus (1) que (1) tu (1) ne (1) me (1) dé/testes (2)" = 12 (Jean Racine, Phèdre, Acte II Scène 5)
Remarque : dans se vers, l'orthographe archaïque du mot "encor" permet de compter 2 syllabes et non 3, dans le cas où le 'e' serait présent.

- La diérèse est le fait de prononcer séparément deux voyelles qui se suivent. L'inverse est appelé synérèse.
Exemple : "bien" se prononce "bien" (synérèse) ou "bi/en" (diérèse).

Voilà les règles qu'il convient d'appliquer lors de la lecture : afin de se familiariser avec ces règles, la meilleure solution reste de vous entraîner. Toutefois, gardez à l'esprit que quelques fautes de lecture ne vont pas pénaliser trop gravement votre exposé, mais qu'elles peuvent mettre votre examinateur dans de meilleures dispositions.
Vous pouvez vous entraîner à lire des extraits en utilisant le document complémentaire joint à cette fiche.

Conclusion :

Voici le vocabulaire général à connaître afin de réussir votre exposé oral, votre commentaire composé ou votre question de corpus si l'objet d'étude concerne le théâtre. Si vous remarquez des erreurs ou des oublis, veuillez nous les faire parvenir en nous contactant en utilisant l'onglet "Mon compte". Merci !

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