Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Introduction :



De façon générale, la croissance économique est rattachée à la croissance Produit Intérieur Brut (PIB), c’est à dire la production économique constaté sur un territoire sur un an.

En 2017, le PIB français s’élevait à 2292 milliards d’euro environ selon l’Insee. En 2016, le PIB avait augmenté de 1,1%.

Le PIB / habitant est aussi utilisé en tant qu’indicateur de richesse : en 2016, celui-ci s’élevait à 31700 euros : c’est environ 1,178 fois plus que la moyenne européenne.

Dès lors, nous nous interrogerons sur la pertinence du PIB comme indicateur puis nous étudierons les différentes sources de croissance économique.


I - Mesurer la richesse ainsi que le niveau de vie avec des indicateurs : avantages et inconvénients



A/ Mesurer l’activité économique avec le PIB :


1) Le PIB pour comptabiliser la richesse d’un territoire

Avant de donner la formule de calcul du PIB, il faut rappeler des notions de base à savoir la production marchande et non-marchande ainsi que le calcul de la valeur ajoutée dans les deux cas.

Une production marchande désigne la production de biens et de services destinée à être vendue sur un marché.
Exemples : agro-alimentaire, automobile

Une production non-marchande constitue l’ensemble des services gratuits ou semi-gratuits réalisés avec des facteurs de production obtenus sur un marché.
Exemples : piscine municipale, théâtre

Quel que soit le type de production, on calcule sa valeur ajoutée. Voici les formules permettant de la calculer :



Une fois que l’on dispose de l’ensemble des valeurs ajoutées, on peut calculer la Produit Intérieur Brut :



Note : la croissance économique se mesure d’après la progression du PIB, en pourcentage. Le PIB est calculé en valeur, c’est à dire qu’il tient compte de l’inflation.

2) Les limites du PIB pour comptabiliser la richesse :

Si le PIB permet de calculer efficacement la richesse produite, il présente quelques imperfections :

- Les activités domestiques (Exemple : soutien scolaire non rétribué) ne sont pas comptées dans le PIB. Pourtant, elles représentent une richesse et un certain bien être. Comme il n’y a aucun échange monétaire, ce n’est pas compté. Cette omission peut être comprise car il paraît difficile de comptabiliser les activités domestiques de manière sérieuse.

- L’économie dite souterraine n’est pas prise en charge par le PIB. Elle englobe le travail au noir (non déclaré) ainsi que les activités illégales.
En France, le PIB est corrigé en conséquence : il est automatiquement rehaussé de 6,5%.

Depuis le début de l’année 2018, le trafic de drogue est comptabilisé dans le PIB selon des estimations. Cela permet à la France de s’harmoniser avec les pays où la drogue est légalisée.

B/ Mesurer le niveau de vie :


1) Définition du niveau de vie :

Le niveau de vie est un indicateur quantitatif : il s’agit de la quantité de biens et de services que l’on peut se procurer avec ses revenus.
Le niveau de vie est donc conditionné par la hausse des revenus et la baisse des prix, ce qui fait augmenter le pouvoir d’achat.

Attention : il ne faut pas confondre le niveau de vie qui est un indicateur quantitatif avec le bien-être qui est lui, un indicateur qualitatif.

2) Le PIB par habitant ou par tête :

Pour comparer les niveaux de vie entre eux, on utilise l’indicateur qu’est le PIB / habitant. Il se calcule en divisant le PIB par le nombre d’habitants.
Si la production augmente sur une longue période, cela permet à la population de disposer de davantage de biens et de services pour subvenir à ses besoins.
Quand la production augmente, les revenus distribués augmentent aussi (salaires et impôts).

Si la croissance économique augmente plus vite que la croissance démographique, alors les revenus ainsi que le niveau de vie augmentent.

Toutefois, si jamais les nouvelles richesses générées sont trop concentrées, alors la hausse de la production par habitant peut être compromise.

3) Le Revenu National Brut (RNB) par habitant :

Le RNB est utilisé pour mesurer l’ensemble des richesses produites sur une année représentant un revenu pour les agent économiques nationaux.

Il peut être calculé à partir du PIB :



On retire les revenus versés à l’étranger car une grande partie de ceux-ci reviennent au pays d’origine (celui qui dispose du revenu va surtout consommer là bas) ce qui permet d’estimer la richesse de la nation beaucoup plus précisément.

C/ Le PIB peut-il évaluer le bien être efficacement ?


1) Les défaillances du PIB pour mesurer le bien être :

Avant tout, le PIB reste un indicateur purement quantitatif, et évalue très mal les aspects qualitatifs de la croissance.
Exemple : une activité massivement polluante va entraîner la croissance du PIB, de même pour une activité qui vise à prendre soin de l’environnement.

De plus, pour réparer les problèmes causés par les activités polluantes, il faut mobiliser des facteurs de production ce qui augmente aussi le PIB.

Les catastrophes naturelles vont nécessiter des réparations, des reconstructions, qui vont donc accroître le PIB aussi.

Le PIB comptabilise la richesse quelle que soit l’activité qui en est à l’origine. Il estime donc très mal le bien être.


2) D’autres indicateurs pour estimer le bien être :

L’indice de Développement Humain (IDH)

L’IDH a été mis en place par l’ONU en 1990. Une fois calculé, on obtient une note pouvant varier de 0 (pire note) à 1 (meilleure note) qui permet d’approcher le bien être.

Pour calculer l’IDH, on comptabilise plusieurs éléments :



Maintenant, nous allons pouvoir comparer l’IDH avec le PIB/habitant. Voici le top 15 des meilleurs pays en terme de PIB/habitant et d’IDH :



On remarque que certains pays disposent d’un bon classement que cela soit en terme de PIB/hab ou d’IDH : c’est le cas de la Norvège et de la Suisse par exemple.
Cela signifie que dans ces pays, la richesse produite est distribuée de manière à assurer un bien être satisfaisant (selon les critères de l’IDH).

Parfois, l’IDH peut dépasser le PIB/habitant : c’est notamment le cas de l’Australie. Cela montre que la richesse produite est beaucoup consacrée au développement et au bien-être.

Aussi, le PIB/habitant peut largement dépasser l’IDH. C’est le cas du Luxembourg, premier pour le PIB/habitant en 2017 et 20ème pour l’IDH avec 0,898.
Cela montre que la richesse générée n’est pas spécialement consacrée au développement et au bien être.

On pourrait multiplier les exemples en citant d’autres pays à IDH et PIB/hab moyens ou mauvais, mais nous ne le ferons pas pour ne pas saturer la fiche de données. Libre à chacun de consulter et d’interpréter les données.

L’IDH permet notamment d’observer l’affectation des richesses d’un pays pour l’éducation et la santé. Cependant l’IDH ne renseigne ni sur les inégalités de richesses, ni sur les dégâts environnementaux.

L’Indice de Pauvreté Humaine (IPH)

Pour combler les défaillances de l’IDH, l’IPH a été mis en place en 1997. Il mesure la part de la population pour laquelle les besoin de bases ne sont pas satisfait. Il possède une échelle inverse à celle de l’IDH : 1 est la pire note, 0 la meilleure.

Les critères d’évaluation sont les suivants :
- longévité de l’existence (espérance de vie à la naissance)
- accès au savoir
- conditions matérielles d’existence

Il existe deux classement : l’un pour les pays développés (IPH-1) et l’autre pour les pays en voie de développement (IPH-2). Selon l’IPH-1 de 2007, la France est classée à la 8ème place.

D’autres indicateurs que l’on peut citer

Il existe des indicateurs pour mesurer d’autres critères, comme la parité par exemple avec l’Indice d’Inégalité des Genres (IIG).
D’autres indicateurs de bien être existent comme l’Indice de Bonheur Mondial (IBM) ou l’Indice “Vivre mieux”


II - Comment explique t-on la croissance économique ?



A/ L’analyse conventionnelle de la croissance économique :


1) La mobilisation de facteurs de production

Les facteurs de production constituent l’ensemble des éléments nécessaires à la production. Il existe deux facteurs : le facteur travail et capital.

Le travail renvoie à la mobilisation des capacités physiques et intellectuelles humaines.

Le capital renvoie à l'ensemble des biens et services permettant à l’entreprise de produire. Il en existe deux types :

Le capital fixe : biens utilisés pendant plusieurs cycles de production, sur plus d’un an. Il représente un investissement. Il y a trois types d’investissement :



Le capital circulant : biens ou services détruits ou transformés durant le processus de production. Synonyme : consommation intermédiaire.

Vocabulaire : lorsque le PIB progresse grâce à une augmentation des facteurs de production, on parle de croissance extensive.

2) L’impact de l’augmentation des facteurs de production sur la productivité :

Lorsque les facteurs de production augmentent (un salarié en plus ou un ordinateur en plus par exemple), les rendements sont croissants. Chaque ajout de facteur de production va entraîner une hausse globale de la production.
La hausse de la production induite par l’ajout d’un facteur est appelée productivité marginale.

Cependant, à partir d’un certain seuil de production la productivité marginale est de moins en moins importante car les salariés peuvent se gêner dans leur tâche par exemple. C’est la loi des rendements décroissants.

Lorsqu’on étudie l’évolution de la croissance, une large part de celle-ci est due à la contribution du travail et du capital. Cependant, il reste une partie de la croissance inexpliquée : il s’agit du résidu ou Productivité Globale des Facteurs (PGF).



Si la productivité augmente, cela peut montrer que le capital fixe permet de produire plus.

Cela peut aussi être dû aux salariés qui peuvent produire plus.

Les gains de productivité sont la conséquence d’un usage particulier des facteurs de production.

3) L’influence des gains de productivité sur la croissance


Les conséquences des gains de productivité sur la croissance et la consommation peuvent se modéliser ainsi :



Il s’agit ici d’une croissance intensive due à la productivité du capital et du travail. On étudie l’efficacité de chaque facteur en tant que tel.


B/ Les nouvelles théorie explicatives de la croissance : la croissance endogène


Pour expliquer la croissance économique, on a longtemps parlé de croissance exogène, c’est à dire relative à ce qui se passe à l’extérieur de la sphère économique. L’économiste Robert SOLOW instaure ce concept en 1956. Selon lui, la croissance serait due à l’innovation et à des phénomènes relativement flous. L’Etat ne se voit pas attribuer de rôle dans la croissance selon cette théorie.

Mais aujourd’hui, l’inverse s’affirme avec la théorie de la croissance endogène.

1) Croissance endogène et accumulation des différents facteurs :

La théorie de la croissance endogène est de Paul ROMER et date des années 1980.
Elle vise à démontrer le rôle de l’Etat à travers les politiques publiques structurelles (formation et Recherche et Développement).

D’après cette théorie, la Productivité Globale des Facteurs serait due à l’accumulation des 4 formes de capital :



A l’inverse du capital physique, les connaissances se transmettent et s’accumulent sans cesse ce qui forme un cercle vertueux. Cette transmission de nouveaux procédés correspondent à des externalités positives qui permettent d’augmenter la PGF.

2) Le rôle des institutions et des droits de propriété :

Rappelons qu’une institution est un organe qui joue sur le fonctionnement du marché.

Pour motiver la croissance, l'État a recours à différents moyens :



Remarque : attention à ne pas confondre brevet et licence. La licence est une autorisation accordée à un tiers lui permettant d’utiliser l’innovation brevetée.

C/ La notion de progrès technique :


1) Définition :

Le progrès technique rassemble tous les éléments qui permettent d’améliorer les méthodes de production ce qui va provoquer une hausse de la productivité.
Exemples : informatisation, méthodes de production (taylorisme, fordisme…)

2) La notion de destruction créatrice théorisée par Joseph Schumpeter :

L’économiste Joseph Schumpeter a étudié le lien entre croissance économique et progrès technique et en est venu à parler de destruction créatrice.

Destruction car le progrès technique engendre l’obsolescence de produits ainsi que de procédés de production. Cela peut notamment provoquer certains licenciements.

Créatrice car cette destruction engendrée par le progrès technique entraîne de nouveaux débouchés prometteurs dûs à l’innovation : amélioration des méthodes et des biens de productions, diffusion progressive de l’innovation…

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