Quels sont les fondements du commerce international et de l'internationalisation de la production ?

Introduction - définitions de base :



Internationalisation : commerce croissant, territorial et ouvert aux autres.

Mondialisation : intégration économique qui se caractérise par une mobilité des capitaux et une concurrence accrue entre les firmes et les nations.

Note : ces définitions sont aussi abordées dans les cours de géographie de terminale, mais n'ont pas exactement le même sens (même si cela désigne en soi le même processus). On essayera si possible de conserver cette définition pour l'économie et vice-versa.

I - Caractériser le commerce international :



A/ Une nette intensification des échanges internationaux :


1 - Le rôle des institutions :



Plusieurs principes sont mis en place (depuis le GATT) :

1) Principe de non discrimination : tout avantage accordé à un pays doit s'élargir au reste des pays signataires.
2) Principe de réciprocité : un avantage accordé à un pays exige de ce pays qu'il s'ouvre davantage au reste du monde.

Depuis 1940 jusqu'à 2000, l'OMC (ou anciennement le GATT) a beaucoup œuvré pour l'abaissement des tarifs douaniers (= taxes imposées sur les produits importés de l'étranger) qui ne favorisaient pas le libre-échange => les tarifs douaniers ont été extrêmement réduits sur cette période de 60 ans (-38 points, division par 10 des tarifs douaniers !).

L'OMC fonctionne aussi comme "le gendarme du commerce" avec l'Organe de Règlement des Différents (ORD) qui a pour objectif de régler les conflits commerciaux.

2 - Des coûts de transports abaissés et des moyens de communication évolués :

Le commerce mondial a participé et participe encore à stimuler les moyens de transport traditionnels (chemins de fer, routes, lignes aériennes, voies maritimes). On peut par exemple noter l'usage de conteneurs pour les bateaux ou de trains / avions spécialisés dans le transport de marchandises. Les coûts de transport ont été environ divisés par 10 entre début 19ème siècle et début 20ème.

Les moyens de télécommunication ont commencé à apparaître au 20ème siècle (satellite, téléphone...) ce qui facilitait la transmission d'informations. Aujourd'hui, la nette démocratisation de l'Internet à permit une circulation quasi-instantanée des données ce qui contribue énormément à l'essor du commerce international (on peut penser aux sites de Bourse par exemple).

B/ Les déterminants des échanges


Grâce à l'ouverture des échanges à l'international, on observe une Division International du Travail (DIT) : cela montre qu'un pays n'a plus nécessité de produire tous les biens et services dont il a besoin, car il peut se les procurer en important de l'étranger.

1 - Les théories d'Adam Smith et de David Ricardo : avantages absolus et avantages comparatifs :

Spécialisation : fait, pour un pays, de développer une activité spécifique dans laquelle il excelle, possède un avantage particulier.
Une spécialisation peut être propre aux ressources naturelles d'un pays (gisements de pétrole ou de tel ou tel minerai par exemple) mais peut aussi être provoquée par des directives industrielles (le fait d'avoir fait construire beaucoup de métiers à tisser va pouvoir avantager le pays dans le domaine du textile par exemple).



Cependant cette théorie laisse de côté les pays qui ne disposent pas d'avantage absolu. C'est pour cela que David Ricardo remanie cette théorie en 1817 dans son ouvrage Principe de l'économie politique et de l'impôt.



Voir l'exemple de l'Angleterre et du Portugal, très bien expliqué dans cette vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ip9d1UJ4RYg

On dit qu'il y a gain à l'échange lorsque toutes les partis prenantes d'un échange en bénéficient. Un pays qui va se spécialiser dans un domaine où il possède un avantage absolu ou comparatif va y gagner car il pourra réaliser des économies d'échelle en produisant beaucoup tout en sachant que cette production sera très demandée à l'étranger. Inversement, l'étranger va pouvoir aussi bénéficier d'économies d'échelle puisqu'il va pouvoir importer la ressource à bas prix et en grande quantité.

2 - Théorème H.O.S. et dotation factorielle :



Exemples illustratifs :

- L'Australie, de l'époque de Ohlin et de Hecksher, s'était spécialisée dans l'agriculture car elle disposait d'un capital naturel très intéressant.
- L'Angleterre s'était focalisée sur le capital technologique.
- Aujourd'hui, Chine excelle dans l'industrie de masse : quantité de facteur travail (= main d'oeuvre) très importante et facilement exploitable.

II - Deux modèles économiques très différents : libre-échange et protectionnisme



A/ Le libre-échange :


1 - Les points positifs du libre-échange :

Théoriquement, le libre échange est très intéressant pour différents agents économiques :

- Pour les entreprises, spécialisation => élargissement du marché à travers le monde. On peut donc produire massivement => économies d'échelle avec diminution du coût unitaire de production. Avec ces économies, on peut augmenter les salaires versés (hausse du pouvoir d'achat), baisser ses prix, ou épargner en vue d'un auto-financement. Cela incite aussi à innover, ce qui est essentiel à la compétitivité internationale de ces entreprises.
+ possibilité de s’approvisionner en matières premières (conso. intermédiaires) à plus faible coût depuis l'étranger pour les mêmes raisons.

- Les consommateurs => gain de pouvoir d'achat avec la baisse généralisée des prix + plus large choix de produits car marché étendu.

- Les Etats peuvent consommer moins cher (Exemple : importation de véhicules de fonction) et est amené à accueillir des entreprises étrangères intéressées par la dotation factorielle du pays d'implantation. => création d'emploi, hausse PIB ; transfert technologique.

2 - Les limites de ce modèle :

Avec le libre-échange et le principe de spécialisation, on se rend compte que certaines spécialisations sont beaucoup plus intéressantes que d'autres.

Par ex., une spécialisation agricole semble peu intéressante car si un autre producteur mondial entre en course, la production va augmenter ce qui va diminuer le cours de certaines denrées agricoles. L'agriculture étant une spécialisation commune et facile à reproduire, on se retrouve très vite concurrencé. (Exemple : la côte d'ivoire, dont l'économie repose à près de 80% sur le cacao)

Une spécialisation à haute valeur ajoutée ou dans le secteur industriel est plus intéressante car la concurrence est beaucoup plus rare. + droits de propriétés (brevets, licences) qui protègent l'innovation légalement.

Le problème est donc que le libre-échange désavantage les petites puissances (qui reposent généralement sur des spécialisations facilement concurrencées) au bénéfice des grandes.

B/ Combler les déficiences du libre-échange avec le protectionnisme ?


1) Définition et outils :

Protectionnisme : mesures tarifaires, non tarifaires et monétaires adoptées en vue de protéger les produits nationaux de la concurrence étrangère. Action d'une économie de se mettre volontairement en marge du marché mondial.
Différents outils pour le protectionnisme :



Les conséquences de telles mesures sont les suivantes, selon les cas :

- Les barrières tarifaires défavorisent l'importation => surtaxée (droits de douanes et aussi subventions => permettent de baisser les prix artificiellement).

- Les barrières non-tarifaires défavorisent l'importation => limitée quantitativement.

l'OMC réprime ces 2 pratiques qu'elle considère comme contre-productives. Elles sont théoriquement interdites pour les pays membres.

- La protection monétaire permet de grossir le prix des importations lorsque la monnaie se déprécie : comme elle vaut moins cher, les produits importés apparaissent plus chers. => limite l'importation. Une dépréciation permet aussi d'afficher de plus bas prix pour l'étranger : cela améliore donc la compétitivité (=> c'est pour cela que certains pays cherchent sans cesse la dépréciation, comme ceux de l'UE ou la Chine).

2) L'utilité du protectionnisme :



Ce protectionnisme ne doit durer qu'un temps, l'économie doit ensuite s'ouvrir au monde car :

- Les entreprises qui ont bénéficié de ce protectionnisme temporaire pourront trouver de nouveaux débouchés supplémentaires sur le marché étranger.
- L'ouverte à l'étranger permet clairement de favoriser l'innovation.

Le protectionnisme apparaît ici très utile dans un premier temps seulement. Dans un second temps, l'ouverture internationale semble indispensable.

Exemples d'application dans l'Histoire : l'Allemagne appliquait cette théorie de List au XIXème pour concurrencer la Grande-Bretagne qui s'industrialisait massivement (et qui favorisait le libre-échange). Selon List, le libre-échange permettait de renforcer la domination de la Grande-Bretagne déjà très importante, et d'écraser les concurrents. Le protectionnisme temporaire permettait donc aux pays qui l'employaient de rattraper leur retard => très efficace pour l'Allemagne à l'époque.

3) Des limites aux protectionnismes :

- protectionnisme => mesures de rétorsion = comportement similaire des autres pays, sorte de surenchère protectionniste. Cela pénalise les exportations.

- Limite la diversité des produits sur le marché.

- Perte de pouvoir d'achat : l'importation coûte beaucoup plus cher.

- Les subventions versées aux entreprises nationales demandent une cotisation donc davantage d'imposition (d'impôts).

III - Les causes et les conséquences de l'internationalisation de la production



A/ Les Firmes Transnationales (FTN) et leurs stratégies :


Note : en terme de vocabulaire, on peut utiliser Firme Transnationale (FTN) ou Firme Multinationale : le sens est sensiblement le même.

1) FTN et échanges intra-firmes :

Firmes transnationale (FTN) : entreprise possédant au moins une filiale implantée à l'étranger.
Une FTN est composée d'une maison-mère (siège social, pays d'origine) qui détient quasiment tout le capital et de diverses filiales localisées à l'étranger. Le mode d'action d'une FTN est conçu à l'échelle internationale : tout est fait en sorte que chaque filiale ai un rôle bien défini et que sa localisation lui donne des avantages pour ce même rôle.
Les FTN existent depuis le 19ème siècle.

Les filiales peuvent être de plusieurs types selon la Conférence des Nations Unies sur l'Economie et le Développement (CNUCED) :
- succursales (la maison mère détient +50% du capital de l'entreprise)
- sous-traitantes (entreprise dédiée à une tâche précise, pas vrmt d'idée de détention fiscale)

A noter qu'en général les filiales sont détenues entre 10 et 50% par la maison mère, à l'exception des succursales.

Pour augmenter leur rayonnement (impact sur le monde), les FTN ont deux stratégies financières :



Remarque : aujourd'hui on compte environ 100 000 FTN dont 12% sont françaises . 90% des échanges mondiaux concernent au moins une FTN.

2) Les raisons d'implantation des FTN à l'étranger :



3) Une recomposition des flux d'IDE :

En 40 ans, IDE ont bcp changé => avant la majorité des IDE sortants (investissements qui émanent d'un pays = sortants ; vers un autre qui les reçoit = entrants) provenaient des pays développés aujourd'hui 1/3 des IDE sortants émanent des pays dits "du Sud" (notamment Chine).
Les IDE se dirigent essentiellement (+50%) vers les pays en développement maintenant.

4) Être compétitif dans un monde toujours plus concurrentiel :

Compétitivité = capacité à s'affirmer par rapport à la concurrence.
2 formes de compétitivité :

- Compétitivité prix = capacité à vendre des biens et services à moindre prix par rapport à ceux proposés par la concurrence.
Pour l'améliorer, cela passe par le choix des territoires d'implantation des filiales : on cherche des coûts salariaux faibles, un territoire peu cher, une fiscalité réduite => réduction des coûts de production donc peut vendre moins cher

- Compétitivité hors-prix ou structurelle = capacité à faire valoir un produit sur le marché pour d'autres raisons que le prix : réputation, fiabilité, support technique par ex.
Pour l'améliorer, les FTN se tournent vers des territoires où il y a bcp d'innovation et un haut niveau de main d'oeuvre (qualifiée) => possibilité de créer des produits de haute technologie.

B/ Quelles sont les conséquences de l'internationalisation des firmes ?


- Délocalisation = fermeture (donc destruction d'emplois localisée) d'une unité de production pour en ouvrir une autre à l'étranger.
Souvent, délocalisation montrée du doigt comme cause de chômage : en réalité, c'est peu le cas. La mondialisation elle à par contre un effet bcp plus important sur le chômage.

L'internationalisation de la production avec les stratégies des FTN et de leurs filiales ont des effets positifs et négatifs pour les pays d'accueil et ceux d'origine :









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