Les limites du marché

Introduction :


Le marché, comme évoqué dans le chapitre dédié, est le lieu de réunion entre un offreur et un demandeur où une transaction monétaire s'opère. Malgré les réglementations mises en place par les pouvoirs publics, le marché à ses limites : nous allons les énumérer.

Notions importantes :
pouvoir de marché - oligopole - monopole - asymétries d'information - biens collectifs - externalités

I - La concurrence imparfaite :



Les conditions de concurrence pure et parfaite (CPP) ne sont pas toujours respectées. Il y a donc concurrence imparfaite.

A/ Monopole et oligopole : la rupture de la condition d'atomicité


Rappel : la condition d'atomicité veut qu'aucun acteur influant sur le marché ne peut avoir trop d'importance de sorte à écraser ses concurrents.
L'idée est cohérente, cependant en pratique elle n'est pas vraiment respectée.

- Le monopole est la situation dans laquelle un seul offreur est présent sur un marché, pour un plus grand nombre de demandeurs. Il en existe trois types :

1) Légal : interdiction à d'autres concurrents de venir s'installer.
Exemple : La Poste
2) Technologique : une entreprise qui développe un produit profite du monopole temporairement, car elle dispose de droits de propriétés (brevets ou droits d'auteurs).
3) Naturel : un monopole se crée naturellement si une entreprise parvient à proposer un produit à bas coût (ce qui est possible car elle produit beaucoup et réalise ainsi des économies d'échelle) et que les concurrents, généralement plus petits, ne peuvent pas produire à un coût aussi faible.

- L'oligopole est une situation dans laquelle on retrouve seulement quelques offreurs pour un grand nombre de demandeurs.
Exemple : opérateurs téléphoniques, au nombre de quatre (SFR ; Orange, Bouygues Télécom ; Free ; Numéricable - racheté par SFR)

Les quatres principales enseignes de téléphonie mobile.

B/ Les stratégies de marché :


Afin de faire le plus de profit, les entreprises adoptent des stratégies déloyales généralement proscrites par les pouvoirs publics :
- Les entreprises peuvent décider de s'entendre sur les prix. Cette stratégie est proscrite par l'Autorité des Marchés Financiers (AMF).
- La fusion entre deux entreprises est également régie par l'AMF qui peut les interdire dans le cas ou cela dérangerait la règle d'atomicité du marché.

Pour lutter entre elles, les entreprises peuvent aussi mener une guerre des prix : elles se heurent cependant à deux limitations.

1) Il faut qu'elles réduisent leurs marges, donc diminuent leur profit.
2) Elles ont interdiction de pratiquer la vente à perte.


Toutes ces stratégies ne s'appliquent que dans le cadre de l'oligopole : si une entreprise détient le monopole, et n'a évidemment pas besoin d'adopter ces stratégies. On parle alors de concurrence oligopolistique.

La concurrence au sein du monopole vise plutôt à créer le monopole. Cette notion a été théorisée par l'économiste Chamberlin. Il s'agit de singulariser (= rendre unique) son produit afin de s'éloigner de la situation d'oligopole. Elle nécessite trois conditions :
1) Avoir un nombre de concurrent assez important.
2) Réaliser des produits suffisament différenciés.
3) Libre entrée et sortie du marché.

Exemple : restauration ; produits laitiers (différents parfums, tous plus exotiques les uns que les autres...)

La diversité des desserts laitiers est telle qu'une sorte de monopole se met en place pour chaque gamme.

Note : ce procédé n'a pas pour objectif de créer un véritable monopole mais de décharger les entreprises d'une partie du poids concurrenciel exercé par les autres. On obtient de ce fait un pouvoir de marché qui permet d'être price-maker et non price-taker.

C/ La régulation du marché par les pouvoirs publics :


L'autorité de la concurrence fait en sorte que les conditions de CPP soient préservées :

- Elles sanctionnent les cartels (= ententes sur les prix).
- Réglementent les fusions.
- Et sanctionnent les abus de position dominante, qui sont des pratiques abusives permises par un poids sur le marché trop important.

II - Les défaillances du marché :



La transparence insuffisante de l'information : asymétries et solutions :


L'asymétrie d'information désigne le fait que, lors d'un échange marchand, une des deux entitées (offreur / demandeur) en sait plus que l'autre au sujet du produit. Deux cas de figures sont constatés :

1) L'anti-sélection porte sur une des caractéristiques du produit. L'offreur en sait plus que le demandeur.
Exemple : sur le marché de l'automobile de location, une voiture peut présenter des anomalies qui ne sont pas signalées par l'offreur.

2) L'aléa-moral désigne le risque que le comportement d'un individu change après que son contrat ai été signé.
Exemples : un prêt accordé par la banque non-remboursé ; attitude peu productive d'un salarié sous contrat...

Les solutions :

- La solution dans le cadre du marché de travail est de rémunérer le salarié au dessus du prix du marché : se sentant favorisé, il va mettre plus de coeur à l'ouvrage.
- Pour les prêts bancaires, on peut demander une caution : en cas de problème lors du remboursement, la caution sera prélevée.
- Certains médicaments ne sont pas intégralement remboursés : cela évite d'abuser avec des ordonnances médicales données trop facilement.

B/ L'allocation des ressources n'est pas optimale : biens collectifs et externalités :


Les biens collectifs :

- Les biens collectifs ou publics sont des biens ou services qui peuvent être consommés par plusieurs personnes à la fois, selon deux critères :

1) La non-rivalité : les quantités consommées par les uns ne limitent pas celles des autres.
Exemple : un phare en mer guide les bateaux qui s'approchent de la côte gratuitement, et ce peu importe leur nombre.

2) La non-exclusion : l'accès au service est généralisé et ne nécessite aucun paiement individuel.

Tableau récapitulatif.
Source : http://www.melchior.fr/cours/question-4-quelles-sont-les-principales-defaillances-du-marche

Les externalités :

Les externalités désignent les conséquences positives ou négatives d'une action sur un tiers. Ces conséquences ne sont pas prises en compte par le marché.

1) Une externalité peut être négative : la conséquence de l'action est néfaste.
Exemple : toute la pollution dégagée par la trafic routier ou la production industrielle.

L'activité industrielle est un des facteurs entraînant la pollution.

2) ... ou positive : la conséquence de l'action est bénéfique.
Exemple : l'éducation permet d'améliorer le degré de formation est l'efficacité des futurs salariés.

Note : : l'Etat souhaite logiquement favoriser les externalités positives. C'est pour cela que celui-ci protège l'innovation en accordant des droits de propriétés et qu'il verse certaines subventions.
Il vise aussi à réduire les externalités négative de par la législation.

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